« Et, parlant de pas mal fameux, j’ai reçu la semaine dernière
un tout nouvel album venant d’un groupe gaspésien basé à
Carleton-sur-mer. Il s’agit de ‘Grand Panache’ par la Bande
à Firmin et je dois dire que j’ai tellement aimé la fraîcheur
et l’originalité de ce que j’ai entendu que j’ai écouté
l’album de ce tout nouveau quartet en boucle pendant plusieurs
jours et, même s’il ne s’agit pas ici d’un groupe de Blues
à proprement parler, les influences du Bluegrass et des
harmonies vocales appalachiennes sont indéniables, surtout
lorsqu’on écoute le son et la technique du dobro joué par
Éric Dion qui est également le chanteur principal de ces
musiciens gaspésiens qui ne sont pas tombés dans les clichés
classiques de la musique commerciale québécoises et qui
ont d’ailleurs réalisé et sorti cet album tout seul comme
des grands, c'est-à-dire, sans demander quelque subvention
financière que ce soit à un organisme gouvernemental ou
civil et c’est tout à leur honneur. Et c’est donc non seulement
avec un certain plaisir mais aussi avec un plaisir certain
que je vous présente ce soir en première exclusivité radio-canadienne
‘Grand Panache’, ‘Ma vieille Ford’ et ‘Le paradis en plus
p’tit’ trois compositions de La Bande à Firmin (…) à l’antenne
pas mal rustique d’Espace Bluesique où voici La Bande à
Firmin avec ‘Grand Panache’! »
Dan Behrman
Réalisateur/animateur
Espace musique/Radio-Canada
Ils sont originaires de Gaspésie, une des provinces maritimes
du Québec, et c’est en proposant une musique qui s’approprie
nombre de critères de la chanson francophone mais aussi
de la country, du folk, du jazz et du blues que les quatre
musiciens autoproclamés La Bande à Firmin ont enregistré
un premier album qui fait chanter l’accent de la Belle Province
et qui leur a permis d’aller se produire de Carleton jusque
dans le Mississippi en passant par Mont Tremblant ou Montréal,
écumant tout ce que le Nord de l’Amérique compte de festivals
de blues. Pour Eric Dion (voix et guitares), Richard Dunn
(guitares et claviers), Jean-Guy Leblanc (contrebasse) et
Eric Proulx (batterie et cajon), le choix d’un nom de groupe
était tout trouvé et c’est en s’inspirant de celui du studio
de Jean-Guy Leblanc, Firmin Professionnel, où ils ont enregistré
cet effort, qu’ils se sont fendus au passage d’un hommage
au père de ce dernier, Firmin Leblanc. Pourquoi faire compliqué
?
Ils ont acquis suffisamment de maturité musicale pour ne
pas tomber dans les divers pièges qui s’ouvrent devant eux
et c’est en les contournant l’un après l’autre qu’ils vont
de l’avant pour nous souffler à l’oreille une douzaine de
morceaux où l’on croise des guitares acoustiques mais aussi
électriques ou encore de la lap steel et nombre de bruits
apparemment parasites qui font à l’arrivée partie intégrante
d’un album où rien n’est en trop. On apprécie la lucidité
des paroles qui en appelle à une grande part de sentiments,
qu’ils soient inspirés par le pays dont La Bande à Firmin
est originaire avec « Debout », par des biens matériels
comme « Ma vieille Ford », par des proches comme « Petit
homme » ou « Eva » ou encore par de grandes idées comme
« La liberté n’est pas une insulte » et « Gagner son ciel
». Dans un sursaut d’orgueil, le quartet refuse de monter
dans « L’étobus du showbisness » mais ne renonce pas pour
autant à nous servir de belles chansons où la voix est une
arme et où les variations de styles sont tellement imprévisibles
que l’on n’en finit plus de se le passer en boucle, que
ce soit dans la voiture, au bureau ou encore à la maison.
Avec des mots qui sentent bon les grands espaces et une
délicatesse qui colle au plus juste à la personnalité des
habitants du Québec, « Grand Panache » qui n’est pas sans
faire allusion aux bois des caribous passe sans encombre
les frontières et s’avère être un excellent facteur de distraction
pour toute la communauté francophone d’ici et d’ailleurs
… Qu’on se le dise !
Fred Delforge
Zicazic.com